


La fin de l'AII ou la réalité 2.0 pour les projets Gaulliens
Par Alban S. (EM01), à 11:12 :: Tout sur le site lepremierjeudi.com :: #76 :: rss
Dirigée par Claude Bébéar, ancien patron d'AXA et personnalité éminente de la réussite industrielle à la Français, on peut s'interroger sur les raison de l'échec d'une agence qui avait pour vocation de redorer le blason technologique de la France face à l'omniprésence américaine. Même si tous les projets n'ont pas fait couler autant d'encre que Quaero, ce projet n'en est pas moins symptomatique de quelques illusion.
Construire une alternative européenne à Google, nous ne pouvons qu'applaudir des deux mains. S'illusionner sur le fait que quelques dizaines de millions d'Euros de subvention d'investissement sur le projet, concédés à des partenaires industriels ets une preuve de l'incompréhension des mécanismes des technologies de l'information et de la communication (TIC). Le bénéfice trimestriel de Google dépasse en effet le milliard de dollars !!! La prime au leader est clairement actée sur ce marché.
Si les marchés traditionnels peuvent être conquis par une politique bien Gaullienne de champions nationaux autour des Alstom, Suez/GDF, France Telecom (ou devrait-on dire Orange), les champions des TIC se construisent en quelques années. FaceBook, lancé en 2004 n'est-il pas valorisé à 15 milliards de dollars.
Ce sont donc des jeunes entrepreuneurs qui pourront dorer les lauriers de la France, sous réserve de leur en donner les moyens. Les moyens, ce sont bien sûr des moyens financiers et une politique de l'innovation volontariste qui casse les barrières entre la recherche, les PME et les chateaux-forts gardés par les grands groupes. C'est aussi un Small Business Act à l'Européenne.
Mais c'est avant tout et surtout des moyens politiques. Valoriser l'image des entrepreuneurs Français en Europe, outre Atlantique et dans le monde. Valoriser cette image en France où l'on a toujours tendance à considérer que l'innovation Etats-Unienne est meilleure que la notre, toutes choses égales par ailleurs.
Cela demande donc un travail d'IMAGE, et une réelle volonté politique. Cela demande aussi de créer un marché Européen fort, capable d'assurer une croissance rapide et cohérente des PMEs européennes, avec des stratégies de coopérations entre les Etats d'Union Européenne et leurs entreprises.
Il faudra peut-être d'abord casser le pantoufflage de certaines filières dites "élitistes" qui continuent à se projeter dans les grands groupes et les administration, alors que le monde bouge, et bougera de plus en plus vite.
L'AII à ce titre a été un bel exemple : les choix des projets manquent d'ambition. Peut-être pas d'ambition scientifique, mais d'ambition structurelle pour la France.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire